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Cultiver la solidarité intersectorielle et transversale pour des actions environnementales plus globales et porteuses sur l’île de Montréal

PORTRAIT DE MEMBRE

Entrevue : Coralie Deny, directrice générale
Conseil régional de l’environnement de Montréal

Initiateur d’actions de sensibilisation, de concertation, de mobilisation et de représentation visant à faire progresser les dossiers environnementaux à l’échelle de l’île de Montréal, le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal) sait insuffler l’énergie collective permettant de trouver des solutions novatrices aux enjeux actuels du développement durable au sein de groupes provenant de divers horizons.

Depuis sa création dans les années 1990, les enjeux liés à l’environnement se multiplient, se diversifient et l’urgence d’agir préoccupe un public de plus en plus large. Ces défis demandent plus de solidarité entre les citoyens et les différents acteurs de la métropole afin d’arriver à poser des actions durables et équitables.

« Pour effectuer les grands changements nécessaires et rendre nos pratiques plus responsables, nous devons développer davantage la solidarité intersectorielle et transversale afin de mobiliser le plus grand nombre d’organisations et de personnes pour appuyer ou inciter les décideurs à agir en ce sens. »
– Coralie Deny, directrice générale, CRE-Montréal

Animée par une passion d’aller à la rencontre de l’autre pour créer de vrais débats, dévoilant ainsi une vision plus large et durable des enjeux par l’échange de perspectives parfois opposées, Mme Coralie Deny, directrice générale du CRE-Montréal, nous a rencontrés afin de partager quelques apprentissages sur le travailler ensemble basé sur la notion de solidarité intersectorielle.

 

En quoi consiste les bases de cette solidarité intersectorielle ?

Dans le but de faire changer les mentalités et d’orchestrer des actions concrètes qui améliorent la qualité des milieux de vie et l’équité sociale sur l’île de Montréal, l’organisation s’appuie sur le développement de partenariats où ils y cultivent cette solidarité intersectorielle. Celle-ci met les bases pour une meilleure collaboration, transformant les différences en forces.

 

Des rencontres mobilisatrices

Il est important d’avoir des objectifs précis partagés pour chaque rencontre, afin de permettre à chacun de contribuer le plus efficacement possible. Une bonne tenue des suivis permet aussi aux dossiers ou projets d’avancer de manière concertée, créant ainsi une solidarité mobilisatrice autour du projet.

 

Agir en toute transparence

Pour Mme Deny, la naissance de la solidarité part de la transparence et le partage des points de vue. En présentant les informations détenues par chacune des parties présentes lors de ces échanges, la confiance se tisse et le croisement des savoirs permettent de dresser un meilleur portrait des enjeux, de développer des argumentaires solides et de trouver des solutions innovantes, bien adaptées et globales.

Le CRE-Montréal met à la disponibilité de tous les analyses, les prises de position, les guides et les mémoires produits afin que ce transfert de connaissance renforce les alliés naturels et fasse émerger ailleurs des actions durables.

 

L’axe du bien commun ou le consensus ?

Arriver à un consensus global, alors que les positions sont variées, n’est pas toujours atteignable dans un tel contexte, il est important de maintenir le dialogue, de partager clairement ses points de vue et de trouver les axes où s’opèrent la convergence d’opinion. Ensuite, on focalise la discussion sur les positions communes. Ce processus peut prendre du temps mais ce travail collectif est toujours enrichissant au final.

 

Cultiver l’écoute en posture d’apprenant

Pour arriver à l’axe du bien commun, l’écoute en posture d’apprenant s’avère être un grand atout. Autour d’une table, lorsque plusieurs intervenants avec des objectifs et des points de vue différents se rassemblent pour parler d’un projet, il n’est pas rare que les informations échangées inspirent ou rebutent certaines autres parties présentes.

Chacun y va de son expertise et amène son message, son expérience, ses données pour influencer l’avancement du projet. Ce partage d’information intersectoriel doit dépasser la seule transmission aux autres et mettre aussi l’accent sur la réelle écoute et l’entendement des points de vue. Notre pensée chemine alors et parfois nos positions évoluent pour une plus grande convergence de position et d’action.

Cela permet aussi de tisser des liens plus forts avec les autres participants qui se sentent entendus.

 

Prendre le temps de tisser un vaste réseau intersectoriel

« Plus l’enjeu est grand et complexe, plus on a besoin de mettre des gens autour de nous pour faire changer les choses », mentionne Coralie Deny « … et pour bâtir ce réseau, cela vaut la peine de prendre le temps de se tourner vers l’extérieur. Des revendications soutenues par un groupe intersectoriel permet d’amplifier les voix et de convaincre les instances de l’importance d’agir, tout en permettant de connaître la personne en face de nous. »

Le CRE-Montréal met beaucoup d’énergie à tisser ce réseau en participant à un grand nombre de rencontres en présentiel. Cette pratique porte ses fruits car elle permet, au fil des échanges, de se rapprocher et de mieux connaître des partenaires variés.

L’équipe du CRE-Montréal prend part à des événements de secteurs complémentaires, en tant que participant ou conférencier. C’est un moyen pour élargir le réseau et multiplier les occasions de collaboration.

Le CRE-Montréal met aussi en place des comités d’experts aux compétences très diversifiées pour parfaire sa compréhension des enjeux et pour étoffer ses argumentaires. Sont impliqués autant les chercheurs universitaires qui désirent mettre leurs recherches au profit de la société que les représentants d’associations et de regroupements communautaires ou de citoyens, de plus en plus riches en expertise et mobilisés.

 

Tenir des espaces de réseautage autour d’enjeux de l’heure

Dynamiser son réseau passe aussi par la création d’activités comme le Gala de reconnaissance en environnement et en développement durable ou le Café CRE-Mtl, événement convivial où le CRE-Montréal invitent les partenaires conviés à aborder un enjeu, à en discuter et en profiter pour faire connaissance lors de la période de réseautage, un bon contexte pour développer des relations solidaires.

 

Diffuser et rendre accessible les travaux

Avec l’avènement de la multiplication des moyens de communication en ligne (site, bulletin, réseaux sociaux, webdiffusion, etc.), il est important de tenir une présence accrue pour maintenir l’intérêt, transmettre ses réflexions sur sa perception des enjeux et des solutions, en plus de rendre accessible les travaux afin d’inspirer d’autres à avancer vers des pratiques plus durables.

 

Quelques défis du CRE-Montréal et ses intentions pour le futur

Une grande volonté d’agir et des choix déchirants

La petite équipe dynamique du CRE-Montréal réussit à accomplir beaucoup dans un contexte complexe, échangeant avec beaucoup d’acteurs et souvent dans l’urgence des nouvelles situations qui apparaissent en termes d’environnement dans la métropole. Bien qu’elle ait la volonté d’être de tous les dossiers, l’équipe doit faire parfois des choix déchirants, par manque de ressources.

 

La contribution du CRE-Montréal dans 5 ans

L’organisation désire poursuivre sa mission d’amélioration de la qualité des milieux de vie dans une perspective d’équité sociale sur l’île de Montréal  qui s’activera autour de certains enjeux transversaux tels que le verdissement, la mobilité durable et les projets d’aménagement du territoire qui vont prendre une place importante dans leurs actions, en plus de leurs dossiers et projets phares actuels (ILEAU, PARK(ing) Day, Dalle-parc Turcot, semaines de la mobilité, etc.). Bien sûr, les grands défis associés aux changements climatiques seront au cœur de ses positions et propositions.

Son regard sera aussi tourné vers les projets de grands parcs dans l’Est et l’Ouest à l’échelle métropolitaine qui constituent de beaux projets de société. La revitalisation de l’est de l’île sera aussi dans ses dossiers prioritaires car il y a fort à faire pour que le développement durable en soit l’épine dorsale. La pollution par le bruit et la promenabilité des espaces publics, qui se trouve au croisement de l’aménagement urbain et du déplacement durable, sont aussi des enjeux que l’organisation aimerait pousser.

Le CRE-Montréal va continuer à cultiver sa posture valorisant la solidarité intersectorielle et transversale, reliant les gens et les organisations, brisant les silos, partageant des pratiques novatrices, ouvrant leurs connaissances et leurs réflexions à la collectivité pour créer un développement social de l’île plus juste et plus durable.

 

Auteure : Geneviève Dufour, chargée des communications et de la vie associative, Forum régional sur le développement social de l’île de Montréal

21 janvier 2019|