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Autour de la table pour des échanges porteurs d’avenir

PORTRAIT DE MEMBRE

S’assoir ensemble autour d’une table, échanger des idées et trouver des solutions à des enjeux qui nous tiennent à cœur sont autant de gestes qui conviennent si bien au temps des Fêtes. Dans un quartier montréalais, ces échanges prennent également place autour d’une Table et créent de l’impact dans la lutte à la pauvreté.

Yves Bellavance, coordonnateur de la CMTQ

L’île de Montréal compte trente Tables de quartier permanentes non-sectorielles qui sont interconnectées à l’échelle régionale au sein de la Coalition montréalaise des Tables de quartier (CMTQ). Celle-ci favorise l’échange des bonnes pratiques de collaboration et fait profiter du poids du nombre pour porter dans les médias et auprès des élus, les revendications communes issues du terrain. Chapeautée d’une main de maître par M. Yves Bellavance, l’organisation est sur le point de s’agrandir. 

« Nous agissons afin de faire converger les idées des acteurs complémentaires, les porter pour ainsi contribuer à réaliser des projets issus des quartiers et qui améliorent la qualité de vie. Le défi est grand sur l’île et la CMTQ agit à la hauteur de ses capacités, qui, souhaitons-le s’agrandiront. »

 – Yves Bellavance, coordonnateur de la CMTQ

 

DE LA RECHERCHE DE FINANCEMENT POUR LES INITIATIVES LOCALES À LA PRISE DE PAROLE PUBLIQUE COLLECTIVE

La CMTQ, présente dans le portrait montréalais depuis plus de 20 ans, a pris plusieurs formes au fil des ans passant d’une organisation qui avait comme rôle d’échanger avec les bailleurs de fonds pour trouver du soutien aux initiatives locales, à une mission de concertation et de prise de parole publique collective.

En 2015-2016 le travail de la CMTQ avait permis une mobilisation sans précédent des Tables et de l’administration publique montréalaise, menant ainsi au maintien du financement de l’Entente de lutte à la pauvreté et l’exclusion sociale (Alliances pour la solidarité) pour la métropole pendant la période de l’austérité, alors que le gouvernement du Québec avait cessé ce financement pour le reste du Québec et que le reste des villes de la province se sont vu retirer cette aide pendant quelques années. La stratégie de la CMTQ fût d’adopter une approche proactive et une posture visant à démontrer les besoins de la population et l’importance de pouvoir travailler de manière concertée.

Pour porter cette parole, la CMTQ favorise plusieurs moyens afin de faire émerger les enjeux sociaux transversaux et des pistes d’interventions, notamment lors du débat public entourant les élections provinciales de 2018 et municipales de 2013 et de 2017. La CMTQ intervient à l’échelle montréalaise et les Tables de quartier organise des assemblées citoyennes dans les quartiers.

Échanges publics – Collectif des partenaires pour le développement des communautés (CPDC)

L’ORIGINE DE LA POLITIQUE DE DÉVELOPPEMENT SOCIAL

C’est à ce moment que le germe du besoin criant d’une Politique montréalaise de développement social a commencé à prendre racine au sein de plusieurs instances, dont le Forum, et à croître jusqu’à l’annonce officielle de la Politique Montréal, ville de tous les possibles lors de la Biennale sur le développement social 2015.Par ailleurs, cette première politique de développement social a été lancée lors de la Biennale Montréal, urbaine et sociale de 2017, événement organisé par le Forum régional sur le développement social de l’île de Montréal et épaulé par la CMTQ et plusieurs autres partenaires.

 

UN MODÈLE INNOVANT DE NOTORIÉTÉ MONDIALE : FINANCER LE PROCESSUS POUR DES RÉSULTATS ADAPTÉS AUX BESOINS DES QUARTIERS

Le modèle des Tables de quartier innove à plusieurs niveaux et se fait connaître internationalement. Présenté lors de plusieurs colloques internationaux (Toulouse, Ottawa, Curitiba, Melbourne), il ne cesse de susciter de l’intérêt. Ainsi, 12 Tables de quartier sont présentement expérimentées en France à partir du modèle montréalais.

Une des forces du modèle est ancrée dans la reconnaissance par les bailleurs de fonds de l’unicité de chaque quartier montréalais, de ses enjeux et de ses intervenants. Pour ce faire, le principe de soutien financier qui permet de développer ensemble, un cadre qui appuie le processus du travail de concertation des Tables et reconnait leur leadership dans leur milieu, plutôt que d’attendre des résultats programmés.

L’Initiative montréalaise de soutien au développement social local innove en regroupant quatre partenaires d’horizons divers : Centraide du Grand Montréal, la Ville de Montréal, la Direction de santé publique de Montréal et la CMTQ qui ont choisi de laisser le soin au milieu de problématiser et de prioriser l’action collective locale à entreprendre.

Forum social de Rosemont

EXPERTISES DES TABLES

UNE CONNAISSANCE INTIME ET UNE VISION GLOBALE DU MILIEU POUR PLUS D’IMPACT

Très au fait de ce qui se passe près de chez elles, et ce dans tous les secteurs, les Tables de quartier détiennent une vision globale et intégrée des enjeux et des leviers de leurs quartiers, brossant ainsi un tableau complet qui offre plus de perspectives pour choisir les priorités et les acteurs à mobiliser afin de créer de l’impact.

Dans le cadre du projet de recherche mené par la Chaire du Canada Approches communautaires et inégalités de santé et le Centre de recherche Léa-Roback sur les inégalités sociales de santé, trois Tables ont été étudiées pendant cinq ans afin d’identifier les effets de la concertation locale comme processus de réduction des inégalités sociales dans la sphère de la santé dans les quartiers urbains.

Les trois domaines d’action des Tables révélés dans cette étude – « Se constituer et se maintenir », « Se représenter et influencer » et « Faire converger les acteurs et les ressources nécessaires à l’action » – rendent compte de la complexité des processus intersectoriels et participatifs qui permettent que les transformations correspondent aux besoins locaux, à la culture et à l’histoire des communautés locales.

Action-Gardien de Pointe St-Charles

ÉQUILIBRISTES, À TABLE ! L’ART DE TISSER DES LIENS POUR MIEUX TRAVAILLER ENSEMBLE

« La Table progresse de manière systémique, non linéaire, pour atteindre ses objectifs, sans un contexte d’incertitude où la clé du changement est l’engagement des acteurs. »

 –  Étude : « Quels sont les effets de l’action intersectorielle locale sur les milieux de vie et comment sont-ils produits ? » du Centre de recherche Léa-Roback, qui a étudié trois Tables de quartier.

Pour réussir à jongler les multiples défis de la concertation intersectorielle, les hôtes des Tables de quartier agissent tels des équilibristes qui œuvrent avec une grande diplomatie et utilisent une multitude de stratégies pour tisser des liens afin de mobiliser les personnes et organisations les plus pertinentes, qui ont souvent des besoins et des priorités différents, à être ouverts aux échanges afin d’avancer ensemble sur une vision ou des projets communs.

LE DÉFI DE FAIRE CONVERGER DES PRIORITÉS DIVERGENTES

Faire voir le commun est un défi qui prend du temps à développer, car avant d’arriver à une vision partagée, il est important pour les intervenants de se connaître et de nourrir la confiance. Pour arriver à leurs fins, les Tables favorisent une approche qui permet de voir ce qui unit et le développent des avenues pour mieux travailler ensemble selon les différentes réalités. Cette connaissance réciproque agit comme catalyseur qui facilite la réalisation des projets en activant les leviers des acteurs-clés pour lutter contre la pauvreté.

Malheureusement, les mouvements de personnel ou de réforme au sein des organisations viennent souvent ébranler cet équilibre plutôt fragile. Les équilibristes travaillent donc sans relâche pour reconstruire les relations et partager le savoir collectif afin de poursuivre le travail de concertation et la réalisation d’actions locales dans les milieux de vie.

Table ronde – Amarillys Way

REJOINDRE LES POPULATIONS VULNÉRABLES

Bien ancrées dans leur milieu, les Tables ont développé une expertise pour rejoindre les populations plus difficiles à rejoindre, les groupes les plus exclus qui varient selon les milieux, et à les mobiliser à participer aux échanges afin d’enrichir la compréhension du quartier. Cette expertise pourrait contribuer à la diversité des échanges autour d’autres projets de développement de Montréal.

LE PARTENARIAT, L’ESSENCE DU TRAVAIL ENSEMBLE

Le travail partenarial est au cœur du modèle des Tables de quartier et vise à inclure les acteurs variés et pertinents dans leur réflexion face aux enjeux de taille des quartiers. La participation citoyenne des populations plus défavorisées, un élément clé de la concrétisation de la ville inclusive, est un constant défi pour lequel les Tables développé une expertise au fil des ans.

La majorité des acteurs sociaux se retrouve au cœur de ces échanges, mais selon Yves Bellavance, des jonctions avec les membres du milieu de l’innovation sociale pourraient être bénéfiques pour les deux parties. D’une part, les nombreux succès du développement social pourraient inspirer les innovateurs sociaux, qui, à leur tour, pourraient apporter des pistes au milieu communautaire afin de maximiser leurs impacts de manière innovante.

Les bibliothèque libre-service à Montréal, une idée issue des citoyens de la Table de quartier de Rosemont

BESOIN DE RESSOURCES POUR DOCUMENTER ET DIFFUSER LES SUCCÈS

La CMTQ agit à l’échelle de toute l’île avec ses 30 Tables de quartier et ce, avec une toute petite équipe. Le besoin de documenter les succès des Tables se fait sentir et est essentiel pour faire reconnaître l’apport de ces structures à la société et à la vie démocratique, pour ensuite les faire rayonner dans d’autres contrées. Toutefois, le temps manque pour effectuer cet exercice.

Dans les années à venir l’organisation désire réussir à mieux prendre la parole et à le faire plus souvent pour améliorer les conditions de vie des Montréalais et faire reconnaître son apport auprès des médias et des élus, en plus de faire connaître davantage le concept des Tables par la population et les décideurs afin de les amener à se mobiliser autour de la Table pour faire bouger les choses tant au niveau politique que local.

 

12 décembre 2018|